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Aga Khan, l’imam philanthrope 2014-06-12

Thursday, 2014, June 12
Le Parisien
Gilles Maarek et Gaetane Morin

Below is the Google English translation)

Gilles Maarek / Gaetane Morin: How faithful are you planning in France and in the world?
His Highness the Aga Khan: Some 5,000 Ismailis live in France after fleeing domestic unrest in their countries of origin.
Worldwide, there are about 15 million. Our structure radiates worldwide. It is governed by a Constitution, which adapts to local laws.
Imam that I was responsible to interpret Islam and to ensure the quality of life of those who refer to me.
GM/GM: How do you do?
AK: I created the Aga Khan Development since my accession to the Imamat in 1957.
Fully designed to strengthen civil society in development, this network is dedicated to education (we have built more than 300 schools in the world and two universities), health, culture and economic development.
I installed its headquarters in Geneva, Switzerland, a neutral country without colonial past.
GM/GM: Where do you work?
AK: Asia (India, Pakistan, Bangladesh, Tajikistan, Iran, Afghanistan, Kyrgyzstan, Kazakhstan), Africa (Kenya, Tanzania, Rwanda, Uganda, Burundi, Democratic Republic of Congo, Madagascar), but also in Canada, the United States and Europe … I travel a lot, everywhere.
Our operations are funded by religious donations and external resources, in close collaboration with governments and international organizations.
The French Development Agency is a very important partner, as the World Bank.
GM/GM: How do you perceive the rising tensions around Islam?
AK: This is a concern for the whole world, not only for the Muslim world.
The vast majority of these conflicts is not the result of theological problems, but political. Sometimes there instrumentalization of religion for political purposes.
The answer is first constitutional. A quarter of the Member States of the United Nations are now reviewing their constitution.
We must find a balance between secularism and theocracy, and this is a bigger problem for developing countries for the West.
Today, the most thoughtful and the most successful in the Muslim world’s most advanced Constitution, is the Tunisian Constitution.
GM/GM: What are the areas that concern you?
AK: Syria is a daily problem for all communities. One of my responsibilities is to protect the Ismailis trying to anticipate the explosive situations.
To do this, one must be well informed, understand the forces at play and work with actors of conflict. It should also look at what are the objectives of these destabilizing actions.
GM/GM: Since there are few Ismailis in France, why did you choose to live here?
AK: When my father died in 1960, I decided to resume his racehorse stables, based in Chantilly.
France was so highly regarded in the Muslim world. It was, and still is, one of the countries that has the most contact with the Shiite world.
Moreover, it is a basic practice for radiation Aga Khan, given its proximity to Le Bourget airport.
My staff (they are 240 in France, 80,000 in the world, Ed) have both had to go to the scene of our interventions.
These are often in remote areas, impossible access to airliners.
GM/GM: Do you also have a program of development assistance in France?
AK: In my family and in the Muslim world, when you can support the quality of life of a community to which we are attached, we do it.
My grandfather applied this philosophy in India, I am in favor of the Domaine de Chantilly. I was asked in 2005 to assist in the rehabilitation of historic buildings.
With the Aga Khan Trust for Culture, we have already worked on the restoration of historic Muslim cities.
We do not work on the basis of a single building, but an entire perimeter, the idea being to have an economic impact – positive – not just cultural.
GM/GM: This commitment is it well received by the community?
AK: Any Ismaili is entitled to ask what the imam is he engages in the developing world or in rich countries? I must give priority to those who need it most.
But I am glad to see that what we learned in the developing world can be reused in the West. Intellectually, it stimulates me!
GM/GM: Does it helps to enrich you personally?
AK: No, I have no entrepreneurial activity, only family property that for me to manage.
The Aga Khan Fund for Economic Development does not distribute dividends.
The totality of what we gain ($ 3.1 million in 2013, Ed) is reinvested in the activities of the Network.
His passion, horse racing
He found the horses at age 23. His father, an amateur thoroughbred owner and stables, had died in a car accident.
I took his stables, but I knew nothing says Prince Karim Aga Khan. I landed in a world that was foreign to me and I decided to learn, in all humility. It took me seventeen years to understand something.
Today, his name is one of the most respected in the racing world. Winner of four prizes from the Arc de Triomphe, he hopes to win Sunday eighth success in the Prix de Diane on her land, Chantilly (Oise).

Original French interview is below:

Original transcript in French
Ce milliardaire, propriétaire de chevaux et membre de la jet-set est aussi le chef des ismaéliens, un courant minoritaire de l’islam chiite. Il raconte son action dans le monde.
De lui, on ne sait presque rien. Sa passion pour les courses hippiques et sa fortune personnelle estimée à 10 milliards d’euros ont occulté, en France, son rôle spirituel et politique.
Le prince Karim Aga Khan, ainsi dénommé depuis que la reine d’Angleterre, Elizabeth II, lui a conféré le titre d’Altesse en juillet 1957, est pourtant, avant tout, un imam.
Choisi par son grand-père pour lui succéder alors qu’il n’avait que 20 ans et ambitionnait de suivre un doctorat en histoire musulmane à l’université Harvard (Etats-Unis), il veille depuis lors sur la communauté ismaélienne, une branche des musulmans chiites, eux-mêmes nés d’un schisme avec les sunnites en l’an 632.
Une action tournée vers le tiers-monde
Discret malgré sa jeunesse passée parmi la jet-set internationale, aux côtés notamment de sa belle-mère, l’actrice hollywoodienne Rita Hayworth (1918-1987), le prince Karim Aga Khan est un mécène engagé et reconnu.
Toujours pimpant à 77 ans, il nous a reçus à Chantilly (Oise), dans ses écuries, pour nous expliquer sa philosophie et son action tournée prioritairement vers les pays du tiers-monde.
Gilles Maarek / Gaetane Morin: Combien de fidèles comptez-vous en France, et dans le monde ?
His Highness the Aga Khan: Quelque 5 000 ismaéliens résident en France après avoir fui les troubles nationaux dans leurs pays d’origine.
Dans le monde, nous sommes environ 15 millions. Notre structure rayonne à l’échelle mondiale. Elle est régie par une Constitution, laquelle s’adapte aux lois locales.
L’imam que je suis a pour responsabilités d’interpréter l’islam et de veiller à la qualité de vie de ceux qui se réfèrent à moi.
GM/GM: Comment faites-vous ?
AK: J’ai créé le Réseau Aga Khan pour le développement dès mon accession à l’imamat, en 1957.
Entièrement conçu pour renforcer les sociétés civiles en développement, ce réseau est dédié à l’éducation (nous avons construit plus de 300 écoles dans le monde et deux universités), à la santé, à la culture et au développement économique.
J’ai installé son siège à Genève, en Suisse, un Etat neutre et sans passé colonial.
GM/GM: Où intervenez-vous ?
AK: En Asie (Inde, Pakistan, Bangladesh, Tadjikistan, Iran, Afghanistan, Kirghizistan, Kazakhstan), en Afrique (Kenya, Tanzanie, Rwanda, Ouganda, Burundi, République démocratique du Congo, Madagascar), mais aussi au Canada, aux Etats-Unis et en Europe… Je me déplace beaucoup, partout.
Nos opérations sont financées par des dons religieux et par des ressources extérieures, en collaboration étroite avec les gouvernements et les organisations internationales.
L’Agence française de développement est un partenaire très important, tout comme la Banque mondiale.
GM/GM: Comment percevez-vous la montée des tensions autour de l’islam ?
AK: C’est une préoccupation pour le monde entier, pas seulement pour le monde musulman.
La vaste majorité de ces conflits ne résulte pas de problèmes théologiques, mais politiques. Il y a parfois une instrumentalisation de la religion à des fins politiques.
La réponse est d’abord constitutionnelle. Un quart des Etats membres des Nations unies sont en train de revoir leur Constitution.
Il faut trouver un équilibre entre laïcité et théocratie, et c’est un problème plus important pour les pays en voie de développement que pour l’Occident.
Aujourd’hui, la Constitution la plus sophistiquée, la plus réfléchie et la plus aboutie dans le monde musulman, c’est la Constitution tunisienne.
GM/GM: Quelles sont les régions qui vous inquiètent ?
AK: La Syrie pose un problème quotidien à toutes les communautés. L’une de mes responsabilités consiste à protéger les ismaéliens en essayant d’anticiper les situations explosives.
Pour cela, il faut être bien renseigné, comprendre les forces en jeu et travailler avec les acteurs des conflits. Il faut également regarder quels sont les objectifs de ces actions de déstabilisation.
GM/GM: Puisqu’il y a peu d’ismaéliens en France, pourquoi avez-vous choisi de vivre ici ?
AK: Quand mon père est mort, en 1960, j’ai décidé de reprendre ses écuries de chevaux de course, basées à Chantilly.
La France était alors très bien considérée dans le monde musulman. C’était, et c’est encore, l’un des pays qui a le plus de contacts avec le monde chiite.
Par ailleurs, c’est une base de rayonnement pratique pour le Réseau Aga Khan, compte tenu de sa proximité avec l’aéroport du Bourget.
Mes collaborateurs (ils sont 240 en France, 80 000 dans le monde, NDLR) disposent de deux avions pour se rendre sur les lieux de nos interventions.
Il s’agit souvent de zones reculées, impossibles d’accès pour des avions de ligne.
GM/GM: Avez-vous aussi un programme d’aide au développement en France ?
AK: Dans ma famille et dans le monde musulman, quand on peut soutenir la qualité de vie d’une communauté à laquelle on est attaché, on le fait.
Mon grand-père appliquait cette philosophie aux Indes, moi, je le fais au profit du Domaine de Chantilly. On m’a sollicité, en 2005, pour aider à la réhabilitation des Monuments historiques.
Avec le Trust Aga Khan pour la culture, nous avons déjà œuvré à la restauration des villes historiques musulmanes.
Nous ne travaillons pas sur la base d’un seul bâtiment, mais sur tout un périmètre, l’idée étant d’avoir un impact économique – et pas seulement culturel – positif.
GM/GM: Cet engagement est-il bien perçu par votre communauté ?
AK: N’importe quel ismaélien est en droit de se demander ce que fait l’imam : s’engage-t-il dans le monde en développement ou dans les pays riches ? Je dois donner la priorité à ceux qui en ont le plus besoin.
Mais je suis heureux de constater que ce que nous avons appris dans le monde en développement peut être réutilisé en Occident. Intellectuellement, cela me stimule !
GM/GM: Cela contribue-t-il à vous enrichir personnellement ?
AK: Non, je n’ai aucune activité entrepreneuriale, seulement des biens familiaux qu’il m’appartient de gérer.
Le Fonds Aga Khan pour le développement économique ne distribue aucun dividende.
La totalité de ce que nous gagnons (3,1 millions de dollars en 2013, NDLR) est réinvestie dans les activités du Réseau.
Sa passion, les courses hippiques
Il a découvert les chevaux à 23 ans. Son père, amateur de pur-sang et propriétaire d’écuries, venait de mourir dans un accident de voiture.
J’ai repris ses écuries, mais je n’y connaissais rien, confie le prince Karim Aga Khan. J’ai débarqué dans ce monde qui m’était étranger et j’ai décidé d’apprendre, en toute humilité. Il m’a fallu dix-sept ans pour y comprendre quelque chose.
Aujourd’hui, son nom est l’un des plus respectés du monde hippique. Vainqueur de quatre Prix de l’Arc de Triomphe, il espère remporter, dimanche, un huitième succès dans le Prix de Diane sur ses terres, à Chantilly (Oise).


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